Quelques pas dans le carême : semaine 2

 

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

 

Combien est admirable la pédagogie de l’Église au travers de sa liturgie. Dimanche dernier, l’Évangile nous rappelait les tentations du Christ au désert. Ce dimanche, nous contemplons le Christ transfiguré sur la montagne. Nous avons comme les deux aspects du mystère de mort et de Résurrection du Seigneur. Il est le grand vainqueur du mal et de la tentation. Et il prend avec lui, non pas seulement Pierre, Jacques et Jean, mais nous tous qui marchons à sa suite. Oui, en ce jour, nous voudrions bien aussi dresser trois tentes et demeurer avec le Christ.

« Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu’il fait » chante le psaume ! Nos vies sont marquées par l’épreuve, la souffrance, les difficultés. Oui, mais en ce temps de carême voici que, de manière peut-être inattendue, nous sommes invités à changer de point d’appui : notre force n’est pas dans notre intelligence, dans notre capacité à nous tirer seuls d’affaire. Il y a la lumière que nous donne la Parole de Dieu, et la fidélité sans faille du Seigneur.

« Le Seigneur aime le bon droit et la justice ; la terre est remplie de son amour. Il nous est bon de réentendre cette fidélité du Seigneur, comme le signifie si bien le terme hébreu hesed, une fidélité pleine d’amour.

Alors, lorsque nous regardons les étapes de notre vie, ne voyons-nous pas cette tendre fidélité du Seigneur qui nous fait dire : « Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour ». Ce peut être un bon exercice à faire chaque soir : dans cette journée écoulée, ne puis-je pas relever au moins une petite chose dans laquelle je vois que le Seigneur a veillé sur moi ?

Oui, « nous attendons notre vie du Seigneur, il est pour nous un appui, un bouclier. » Invitation à la confiance, invitation à l’espérance, invitation à se remettre entre ses mains.

 

Vous penserez peut-être, avec raison, que ce lâcher-prise n’est facile en rien. C’est vrai mais …. Vous connaissez peut-être cette parabole d’un poète brésilien :

Comme je marchais sur la plage au soir de ma vie, je me suis retourné, et j’ai vu sur le sable l’empreinte de mes pas. Chaque pas était un jour de ma vie et ils étaient tous là, je les ai tous comptés et reconnus…

Du plus loin que j’ai vu, à coté de mes traces s’imprégnait une trace jumelle, c’étaient les pas de Dieu qui marchait côte à côte, comme il me l’avait promis tout au long de ma vie ; et comme je regardais ce long ruban de nos traces parallèles, il me sembla voir qu’à certains endroits il se rétrécissait et que seule une empreinte se lisait sur le sable. C’était l’empreinte des jours les plus noirs, ces jours de larmes et de deuil, lorsque l’on se sent souvent très seul et abandonné ; jours d’angoisse et de mauvais vouloir aussi ; jour d’épreuves et de doute. Jours intenables…jour où moi aussi j’avais été intenable.

Alors, me tournant vers le Seigneur, j’osai lui faire des reproches : « Tu nous as pourtant promis d’être avec nous tous les jours ! Seigneur où étais-tu lorsque j’ai tant pleuré ? Pourquoi ne marchais-tu pas à mes côtés ? » Et le Seigneur m’a répondu : « Mon enfant bien aimé, les jours où tu ne vois qu’une trace sur le sable, ce sont les jours où je te portais. »

Cette parabole trouve son inspiration dans la Bible : « Tu l’as vu aussi dans le désert : le Seigneur ton Dieu t’a porté, comme un homme porte son fils, tout au long de la route que vous avez parcourue jusqu’à votre arrivée en ce lieu. » (Dt 1,31). Alors, pour porter notre croix, laissons-nous d’abord, en ce carême, porter par le Seigneur !

Pour prier, empruntons les mots du Père de Foucault :

 

Mon Père,

Je m’abandonne à toi,

fais de moi ce qu’il te plaira.

Quoi que tu fasses de moi,

je te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout.

Pourvu que ta volonté

se fasse en moi, en toutes tes créatures,

je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.

Je te la donne, mon Dieu,

avec tout l’amour de mon cœur,

parce que je t’aime,

et que ce m’est un besoin d’amour

de me donner,

de me remettre entre tes mains,

sans mesure,

avec une infinie confiance,

car tu es mon Père.

Ecouter l’Angélus donné par le Pape François ce 8 mars,
2ème dimanche du carême