carême semaine 3

Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,

mais écoutez la voix du Seigneur !

 

Venez, crions de joie pour le Seigneur,

acclamons notre Rocher, notre salut !

Allons jusqu’à lui en rendant grâce,

par nos hymnes de fête acclamons-le !

 

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,

adorons le Seigneur qui nous a faits.

Oui, il est notre Dieu ;

nous sommes le peuple qu’il conduit.

 

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?

« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,

où vos pères m’ont tenté et provoqué,

et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

 

(Psaume 94)

En ce 3ème dimanche de carême, le Psaume nous invite à la joie : « Venez, crions de joie pour le Seigneur » ! Et pourquoi cette joie au cœur du carême ? Le psaume met aussitôt sur nos lèvres : « acclamons notre Rocher, notre salut ! » Sur notre route, peut-être connaissons-nous des doutes, peut-être peinons-nous sous le poids des épreuves. Or, pour cela, nous avons un Rocher sur lequel nous appuyer, le rocher d’où Moïse fit jaillir l’eau pour le peuple assoiffé dans le désert. Saint Thomas d’Aquin dit d’ailleurs si bien : « Nul n’est ébranlé quand il s’appuie fermement sur ce qui est immuable ». Et quoi de plus immuable qu’un rocher ?

Ce Rocher est notre salut. L’expression courante parle « d’une planche de salut ». Si nous traversons la tempête, une bouée nous est lancée : la présence du Seigneur, lui, le Rocher. C’est pourquoi le psalmiste continue : « Allons jusqu’à lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête acclamons-le ! ».

Plus encore, prions avec notre corps, dans cette grande invitation : « Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous adorons le Seigneur qui nous a faits. » Le Seigneur nous a faits ! Il nous connaît donc mieux que nous-mêmes ! Il sait de quoi nous sommes faits ! Nos chutes comme nos fautes ne peuvent donc L’arrêter. « Oui, il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu’il conduit. »

À travers la dernière strophe, le Seigneur nous lance Lui-même cet appel : « Ne fermez pas votre cœur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi où vos pères m’ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit. » C’est le cri d’appel du Père de l’enfant prodigue : reviens à moi !

Le refrain et le psaume s’éclairent alors et pourraient s’entendre ainsi : « Aujourd’hui m’écouterez-vous ?, dit le Seigneur, Tu vas vers ton malheur ! Reviens vers moi car c’est en moi que tu trouveras ton appui ! Reviens à moi, écoute-moi, car je peux te dire où est ton salut ! » Tel est le chemin du carême : revenir au Père qui nous attend, et donc, peut-être, faire demi-tour. Laisser au bord du chemin ce qui nous enferme sur nous-mêmes, laisser en arrière nos rancunes, nos ressentiments, nos dissensions, chemins de mort. Nous tourner vers l’avant : vers le partage, la bonté, le pardon, chemins de vie offerts par le Père.

La Samaritaine au bord du puits, découvre ainsi Celui qui la connaît, qui la cherche et qui seul peut répondre à sa soif. Redisant ce psaume, faisons avec elle le chemin, saisissons la main qui se tend vers nous.

Tournons nous ensemble vers le Seigneur et prions :

Seigneur, oui, vraiment nous crions de joie parce que Tu es notre pasteur, notre guide, notre rocher. Combien de fois avons-nous pu le voir dans nos vies. Aussi, nous T’acclamons par nos plus beaux chants de fête et nous invitons le monde entier à entrer dans ce grand mystère d’amour.

Tu nous connais au plus profond de notre cœur. Tu as un chemin pour chacun. Tu es notre Dieu et Tu veux faire de nous Tes enfants. Nous Te prions pour les catéchumènes. Ils commencent en ce dimanche leurs scrutins. Cette dernière étape jusqu’au baptême est bien souvent agitée, bousculée. Que nous sachions leur rappeler que : « Nul n’est ébranlé quand il s’appuie fermement sur ce qui est immuable ». Et qui, plus que Toi, peut être notre rocher, notre salut.


Lire l’Angélus donné par le Pape François ce 15 mars,
3ème dimanche du carême